Conflit entre jaunes et rouges, partisans du roi et partisans de Thaksin

A. Qui sont les jaunes?

Les « jaunes », – couleur du lundi, jour de la naissance du roi -, ont formé en 2005 l’Alliance du peuple pour la démocratie (APD) pour tenter de chasser M. Thaksin du pouvoir. L’APD est soutenue par une frange des classes moyennes urbanisées, le sud du pays et une fraction de l’establishment traditionnel du royaume, dont des militaires et des milieux d’affaires. L’APD défend les intérêts de la monarchie – en affichant le « jaune » royal. Elle préconise ouvertement une réduction du suffrage universel, puisque les pauvres, au cours des quatre derniers scrutins, ont voté pour M. Thaksin et ses partisans. Jusqu’ici, la monarchie, tout en restant en retrait, n’a guère fait d’efforts pour se démarquer des « jaunes », en dépit de leurs méthodes parfois expéditives.

B. Qui sont les rouges?

Ce sont les partisans de Thaksin Shinawatra. Ses origines : riche famille sino-thailandaise. Il a été lieutenant-colonel de police, docteur en criminologie, diplômé de l’Université du Kentucky (États-Unis). En 1987 il crée le Shinawatra Computer and Communication Group, profitant de l’essor spectaculaire de la téléphonie mobile, des liaisons satellite et du boom boursier, il fait rapidement fortune et est devenu aujourd’hui, avec sa famille, la première fortune du pays. Conclusion : vieille famille, bonnes études à l’etranger, poste dans la police, profite du boom de la téléphonie mais avec les capitaux de la famille, fait fortune évidemment, et donc… Il entame une carrière politique et gravit rapidement les échelons, député du parti Palang Dharma, puis ministre des Affaires étrangères en 1994, vice-Premier ministre en 1997. Son parti disparaît à cause de la crise, il en crée un autre : en 1998, il crée un nouveau parti le Thai Rak Thai, remporte les élections législatives du 6 janvier 2001 et le roi le nomme effectivement Premier ministre. Problème : après une période de grande popularité, ou du moins, sans trop d’opposition, ses opposants dénoncent des manoeuvres de corruption pour que sa femme puisse acheter des terrains détenus par la Banque de Thaïlande.

C. Les étapes de la lutte.

Etape 1 (2001 – septembre 2006) : avantage à Thaksin :

programme populiste (démago?) mais on n’oublie pas les milieux d’affaires. Elu, il s’attaque au problème de la drogue, promettant de le règler en six mois, mais sans résultats réels, son action aboutit à plus de deux mille morts dans des opérations de police litigieuses. La crise du poulet est traitée à la hussarde. Dans le sud du pays, il traite le problème des revendications des populations musulmanes d’une main de fer. (Traduire?)

Mais le bilan économique de son mandat paraît positif et sur le terrain social son gouvernement a travaillé à un système de salaire minimal et de sécurité sociale qui lui ont valu une popularité à travers le pays. À partir de février 2006, déclin de Thaksin. On l’accuse d’avoir profité de sa position pour favoriser des opérations financières bénéficiant à ses proches.

Il est finalement renversé par un coup d’État militaire, mené par le général Sonthi Boonyaratglin, le 19 septembre 2006 alors qu’il se trouve à New York pour l’Assemblée générale des Nations unies.

Etape 2 (septembre 2006 – décembre 2007) : avantage aux jaunes, coalition plutôt traditionnaliste et urbaine, favorable à la monarchie.

Le putsch amène au pouvoir des généraux qui font tout pour casser l’image de Thaksin (contrôle des médias). Objectif : casser son image et ses réseaux. En mai 2007, le parti de Thaksin, Thai rak Thai, est cassé, dissous, et reconnu coupable de fraude électorale ; qu’à cela ne tienne : un nouveau parti est fondé, le PPP (le Parti du Pouvoir du Peuple) avec à sa tête le très controversé Samak Sundaravej.

Etape 3 (décembre 2007 – décembre 2008) : l’avantage repasse aux rouges.

Lors des élections de décembre 2007, c’est une coalition PPP, avec deux autres formations politiques : le Matchima Thipataya et le Chart Thai. Le très controversé Samak Sundaravaj devient premier Ministre. En mars, Thaksin le corrompu revient en Thaïlande.  Ensuite, accusé de corruption, Samak est destitué en septembre 2008 et <!– @page { size: 21cm 29.7cm; margin: 2cm } P { margin-bottom: 0.21cm } –>Somchai Wongsawat, son Vice Premier Ministre, beau frère de Thaksin Shinawatra, devient Premier Ministre : malgré le changement d’hommes, le pouvoir ne change pas de camp.

Novembre 2008 : les jaunes ne se laissent pas faire et bloquent les aéroports de Thailande pour faire pression sur le gouvernement.

2 décembre 2008 : la Cour Constitutionnelle dissout le Parti du pouvoir du peuple (PPP), le parti pro-Thaksin, accusé d’avoir frauduleusement remporté les élections générales du 23 décembre 2007. La décision est favorable à l’Alliance du peuple pour la démocratie qui bloque les aéroports de Bangkok afin de faire tomber le gouvernement de Somchaï Wongsawat – une minorité.

Etape 4 : Victoire des jaunes?

Ce n’est pas si simple. Il semble que certaines élites qui souhaitent sortir du conflit politique, il leut faut donc trouver un équilibre entre les deux clans qui se déchirent : ils ont besoin d’un leader qui mette tout le monde d’accord et de soutien d’anciens partisans de Thaksin. Il faut dix jours de tractations pour imposer Abhisit Vejjajiva.

D. La situation actuelle.

Politiquement, une motion de censure a été proposé contre plusieurs membres du gouvernement, hostile donc à Thaksin : ces membres sont le Premier Ministre, Abhisit Vejjajiva, le  ministre des finances Korn Chatikavanij, le ministre de  l’Intérieur Chaovarat Chanweerakul, le vice-ministre de  l’intérieur Boojong Wongtrairat, le vice -ministre des finances  Pradit Pataraprasit et le ministre des affaires étrangères Kasit  Piromya : ils ont tous, politquement, échappé à la destitution.

Mais, somme toute, cela importe peu : le vrai combat se passe dans la rue : les rouges, partisan de Thaksin, n’abandonnent pas, et aujourd’hui, lundi 13 avril, l’armée a chargé les manifestants

Bon, pas la peine d’accumuler les copier coller… Celui-là suffit, et je pense qu’il restera en ligne.

Vendredi 23 janvier 2009, Danielle Deruy, l’épouse du conseiller de Nicolas Sarkozy sur les affaires sociales, a pris les fonctions de directeur général de l’AEF, l’agence de presse spécialisée sur l’éducation, l’emploi, les ressources humaines et la protection sociale.

Arfilia, la holding qu’elle a fondé avec Raymond Soubie il y a quatre ans, détenait déjà près de 30% du capital de l’agence depuis 2005. Depuis vendredi dernier, ils en détiennent près de 70% avec Kifilia, la holding présidée Philippe Kienast, le président du cabinet de conseil en ressources humaines Altedia (TLA). Ensemble, ils ont racheté une partie des parts de Marc Guiraud, le fondateur de l’AEF, qui conservera 20% du capital, et restera le président exécutif.

Créée en 1998, l’AEF s’est spécialisée sur l’information concernant l’éducation supérieure et la formation professionnelle. Elle emploie aujourd’hui quarante-cinq journalistes, pour un chiffre d’affaires dépassant les 5 millions d’euros.

La femme de Raymond Soubie s’occupera désormais du développement de l’agence, aux côtés de Philippe Kienast, qui en devient le directeur général en charge des finances. Tous les deux avaient créé, avec Raymond Soubie, le cabinet de conseil Altedia (TLA), en 1992. Peu connu du grand public, Soubie conseille aujourd’hui Nicolas Sarkozy sur les dossiers sociaux depuis son arrivée au pouvoir. Il l’a aidé à piloter la réforme des régimes spéciaux en novembre 2007, la réforme du marché du travail, de la représentativité syndicale ou encore, la fusion ANPE-Assedic. Il a souvent répété qu’il se verrait bien gérer à nouveau un groupe de presse (il a déjà dirigé le groupe Liaisons entre 1985 et 1990), une fois qu’il aurait quitté l’Elysée. Faut-il y voir un signe ?

Source

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(Avril 2008)

Danon sera resté à peine neuf mois ambassadeur de France à Monaco. Bernard Kouchner, aussitôt à la tête du Quai d’Orsay, l’avait fait nommer «ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire» dans la principauté. Eric Danon est un de ses amis et a été un des associés du cabinet B K Conseil que Bernard Kouchner dirigeait avant de devenir ministre des Affaires Etrangères. A l’époque, cette société de consulting avait réalisé des audits sur le système de santé gabonais et sur l’implantation en Birmanie de Total.

Assez vite, Eric Danon s’est mal entendu avec le prince Albert qui, selon son entourage, lui reproche « ses maladresses, des fuites dans la presse locale, voire de débiner la principauté auprès de Paris ». Et le prince l’a fait savoir directement à Nicolas Sarkozy, qui doit d’ailleurs se rendre en voyage officiel à Monaco le vendredi 25 avril.

Le message a été reçu cinq sur cinq par le président de la République : malgré la protection de Bernard Kouchner, Eric Danon vient d’être nommé à Genève comme représentant de la France à la Conférence sur le désarmement. Pour lui succéder à Monaco, le nom le plus avancé en coulisses est celui de Carine Remik-Adim, une diplomate en poste à l’ambassade de France au Brésil.

Source.

SARKOZY ET L’AFRIQUE : LES RÉSEAUX DE LA FRANC’AFRIK AUTOUR DU PRÉSIDENT
[Kabako Online – hebdomadaire de Bamako – Mali – 28/11/2007]

Le président français s’appuie sur une équipe aux personnalités très diverses pour gérer la “politique africaine de la France” : le “sorcier” Claude Guéant pour les chefs d’Etat, le “French Doctor” Bernard Kouchner pour l’humanitaire, le “Père Fouettard” Brice Hortefeux pour l’immigration, la “Passionaria” Rama Yade pour les droits de l’homme, le “Mec de gauche” Jean-Marie Bockel pour la coopération. Voici un bref panorama des divers membres de la “cellule africaine” de Sarkozy.

LES GRAND SORCIERS BLANCS EN CHARGE DE L’AFRIQUE

Si le président Nicolas Sarkozy n’a pas la fibre africaine, mille petites portes secrètes permettent aux dirigeants africains d’accéder à l’Elysée. Pour la partie officielle, le conseiller Afrique Bruno Joubert est le numéro deux de la cellule diplomatique dirigée par Jean-David Levitte. S’il n’est pas un diplomate “africaniste”, Levitte n’est pas pour autant un profane en la matière. De 1993 à 1996, il a été le patron de l’ex-Direction générale des relations culturelles, scientifi ques et techniques (DGRCST) du Quai d’Orsay, avec pour adjoint Pierre Brochand, l’actuel directeur général de la DGSE (services secrets).

Animal politique à sang froid, Levitte ne délègue aucun dossier, même “africain”. Ancien directeur de la stratégie de la DGSE, Bruno Joubert a été le directeur Afrique du Quai d’Orsay et travaillait à l’époque en osmose avec Michel de Bonnecorse, le conseiller Afrique “autonome” de Jacques Chirac. Joubert s’appuie sur deux principaux adjoints : Rémi Maréchaux et Romain Serman.

Maréchaux, 40 ans, swahiliste, travaillait à l’Agence française de développement (AFD) après avoir été sous-directeur Afrique australe et océan Indien au Quai d’Orsay. Serman planchait auparavant sur les questions africaines à la mission permanente de la France auprès des Nations unies à New York, en particulier sur le dossier ivoirien.

La partie la plus secrète des relations de Nicolas Sarkozy avec les présidents africains est gérée directement par le secrétaire général de l’Elysée, Claude Guéant. Ce dernier est en contact avec les présidents et bascule les demandes soit vers le “chef”, soit vers Joubert. Guéant est également la porte d’entrée des missi dominici du village franco-africain tels que l’avocat Robert Bourgi.

Plusieurs autres proches de Sarkozy servent aussi de passerelle sur des dossiers sensibles. L’ancien ministre et “frère de lumière” Olivier Stirn avait ainsi représenté le chef de l’Etat à l’intronisation d’Abdoulaye Wade à Dakar.

Et Patrick Balkany est sollicité par des présidents tricards à Paris, à l’instar du Centrafricain François Bozizé, pour obtenir un rendez-vous à l’Elysée.

(la suite) :

KOUCHNER, LE MINISTRE DU MILITARO-HUMANITAIRE

A peine installé sous les lambris dorés du Quai d’Orsay, Bernard Kouchner a été “corseté” et n’a pu placer tous ses hommes… Il voulait Maurice Ripert comme directeur de cabinet, il a eu Philippe Etienne, le patron de la Direction générale de la coopération internationale et du développement. Du coup, il a obtenu en compensation que Ripert soit nommé au super poste d’ambassadeur de France aux Nations unies.

S’il n’a pas vraiment choisi ses conseillers de la cellule Afrique du Quai (Laurent Contini et Charlotte Montel), il ne manque pas pour autant d’africanistes dans son entourage. Très affûté sur le monde arabe, Serge Telle, le directeur de cabinet adjoint, était le conseiller en développement de Lionel Jospin à Matignon.

Son conseiller à la communication Jacques Baudoin a longtemps travaillé avec lui au cabinet Imeda, qui proposait des études sur les systèmes de santé à des pays africains tels que le Gabon et le Congo-Brazzaville.

Kouchner et Baudoin faisaient équipe avec le diplomate Eric Danon, un ancien des cabinets Dumas et Josselin que le ministre a fait nommer au poste d’ambassadeur de France à Monaco.

Pour l’essentiel, Bernard Kouchner est cantonné, au moins sur l’Afrique, à son rôle de French Doctor et de “pacificateur” de conflits. Il a ainsi hérité de celui du Darfour.

Les autres dossiers politiques africains sont gérés par l’Elysée et “l’intendance” (coopération, développement…) par le secrétaire d’Etat Jean- Marie Bockel, sous le contrôle et l’expertise de Jean-Michel Severino, le directeur général de l’Agence française de développement, un inspecteur des finances soutenu par le Trésor.

Pour l’Afrique à Paris, le “Père fouettard” Brice Hortefeux veille avec un super ministère de l’immigration, de l’intégration, de l’identité nationale et du co-développement.

ARMÉE : LES ANCIENS OFFICIERS DE LA COLONIALE

Longtemps sous les feux des projecteurs, le colonel Gérard Dubois est entré un peu dans l’ombre à la fin 2006 en devenant le nouveau conseiller Afrique/Moyen- Orient du chef d’état-major des armées (CEMA), le général Jean-Louis Georgelin. Auparavant, en tant que conseiller en communication du CEMA, il était l’interlocuteur incontournable des journalistes. Il s’était ainsi trouvé en première ligne durant le confl it en Côte d’Ivoire pour les briefer sur le rôle des militaires français à Abidjan et, quelques années plus tôt, lors de l’opération Artemis-Mamba en République démocratique du Congo.

De son côté, le colonel Didier Castres, ancien “monsieur Afrique” de l’état-major particulier du président Jacques Chirac, a été maintenu dans ses fonctions par Nicolas Sarkozy en mai, mais devrait être bientôt l’objet d’une nouvelle affectation.

Deux autres hommes s’occupent du continent noir au ministère de la défense : le jeune capitaine Jérôme Spinoza, desk officier pour les affaires africaines, et à un niveau supérieur, Frédéric Mondoloni, le conseiller diplomatique du ministre Hervé Morin. Mondoloni est issu du ministère des affaires étrangères où il a travaillé à la sous-direction Afrique avant de passer deux ans au State Department à Washington (2002-2003).

Parmi les officiers supérieurs, l’un des plus “africains” est sans doute le général Bruno Clément-Bollée. Son frère, le général Bertrand Clément-Bollée, est lui aussi promis à un bel avenir africain. Après avoir été l’adjoint du patron de l’opération Licorne à Abidjan, il est pressenti pour prendre le commandement des forces de l’Union européenne au Darfour.

Autre officier en pointe sur l’Afrique, le général Philippe Lefort, depuis peu commandant en chef des forces françaises à Djibouti. Le nouveau dispositif opérationnel militaire compte trois autres généraux de région sur le continent : le général Claude Réglat, qui dirige depuis août les forces françaises au Gabon ; le général Philippe Bonnet, qui en fait autant au Sénégal depuis fin 2006 ; et le patron depuis l’été des forces françaises dans le Sud-Ouest de l’océan Indien, le général Bruno de Bourdoncle de Saint-Salvy.

LES GOUROUS DE LA FINANCE

Autrefois simple instrument de la coopération française, l’Agence française de développement (AFD) est devenue la super agence dont rêvaient les “développeurs” qui en ont pris la direction. Le chef de file de cette équipe – plutôt de gauche – est Jean-Michel Severino. A la tête de l’agence depuis 2001, cet inspecteur des fi nances, qui a été directeur du développement et conseiller de plusieurs ministres de la coopération, a recruté d’année en année des chercheurs pour que l’AFD soit en mesure de proposer aux décideurs politiques une stratégie française autonome d’aide au développement. Son ambition : faire la nique à la Banque mondiale dont Severino a été le vice-président pendant plusieurs années.

DEVELOPPEMENT : LES BIEN PLACÉS ET LES NON-PARTANTS.

Dans la foulée, en s’appuyant sur le ministère des finances, l’AFD a grossi au détriment de la Direction générale de la coopération internationale et du développement (DGCID) du Quai d’Orsay. Dans le cadre de la réforme de l’Etat, un regroupement de la DGCID avec la Direction des organisations des Nations unies et celle des affaires stratégiques pourraient permettre aux “excellences” de reprendre un peu la main. Mais ce n’est pas pour demain…

L’AFD s’est dotée de nouveaux statuts avec un conseil d’administration – et non plus un conseil de surveillance – présidé par l’ancien ministre de la coopération Pierre-André Wiltzer. Cet homme de consensus va servir de “casque bleu” entre les moult tutelles de l’agence.

Déjà, il y a aujourd’hui deux têtes à Bercy : Christine Lagarde (économie et fi nances) et Eric Woerth (budget et fonction publique). Leurs représentants au conseil de l’AFD ne sont pas toujours en stéréo…

Les parlementaires ont eux aussi leur mot à dire. Surtout quand il s’agit pour représenter l’Assemblée des anciens ministres Renaud Muselier et François Loos, et pour le Sénat d’Adrien Gouteyron et Michel Charasse, qui n’a pas sa langue dans sa poche. Au dernier conseil, ce dernier n’a d’ailleurs pas manqué de “cartonner” les ONG financées par l’AFD. Rien n’a sazé.

Enfin, le secteur privé bénéficie d’un “fauteuil” à l’AFD occupé par Anthony Bouthelier (CIAN) avec pour suppléant Thierry Courtaigne (Medef).

LES ROIS DU BUSINESS AFRICAIN

Peu de grands groupes français osent confier leur direction Afrique à un cadre d’origine africaine. Empêtré aujourd’hui dans ses relations avec les autorités au Niger et en Centrafrique, AREVA a néanmoins débauché, il y a deux ans, ZÉPHIRIN DIABRÉ qui était alors directeur général adjoint du PNUD. Aujourd’hui, Diabré est à la tête de la division Afrique et Moyen-Orient du groupe nucléaire, en même temps que conseiller de sa présidente, Anne Lauvergeon. En octobre, il a par ailleurs pris la présidence d’un groupe de réflexion sur les matières premières récemment créé par le Medef.

Le premier Africain à avoir intégré le conseil d’administration du Conseil français pour les investisseurs en Afrique (CIAN) est le Sénégalais AMADOU KANE, que BNP Paribas a promu, l’an dernier, au rang de directeur Afrique. Cet ancien directeur général de la Bicis, filiale sénégalaise de la BNP, supervise maintenant les filiales africaines de cette banque. Sa tâche a déjà consisté à vendre la BCIMR de Djibouti à la Bred. Et il devra en faire autant avec la BIC des Comores.

Le Béninois LIONEL ZINSOU-DERLIN, neveu d’un ancien président et conseiller de l’actuel chef de l’Etat, Yayi Boni, est associé de Rothschild & Cie à Paris, tandis que KPMG France est dirigé par un ressortissant mauricien, Jay Nirsimloo. Ce dernier, diplômé de la London School of Economics, siège en outre au conseil d’administration de KPMG Europe, Moyen-Orient et Afrique. L’ancien ministre des privatisations au Niger, Mahamadou Sako, est pour sa part associé-consultant de Deloitte conseil à Paris et membre du comité de coordination Afrique de ce cabinet. Diplômé de l’Essec, il a fondé en 2003 Afrique SA, une association de cadres africains diplômés d’écoles de commerce ou d’ingénieurs.

Dans le BTP, l’homme de Bouygues en Afrique, Marcel Zadi Kessy, est également administrateur de Saur International. Enfin, en septembre, le Camerounais Richard Nouni a été nommé DG de CFAO Technologies et membre du comité exécutif de CFAO, après avoir travaillé pour cette société dans son pays d’origine pendant quatre ans.

LES AVOCATS, LA COUR TOUJOURS LA COUR…

Dans leurs relations avec Paris, les présidents africains usent et, parfois, abusent des réseaux politiques d’avocats parisiens bien branchés. L’un des plus en vue depuis qu’il a été décoré par Nicolas Sarkozy est Me ROBERT BOURGI. Si ce dernier est incontournable pour les relations politiques d’Omar Bongo en France, les dossiers “business” du président gabonais sont souvent traités par l’avocat François Meyer, qui défend également l’opposant ivoirien Alassane Ouattara.

Le plus discret de ces avocats de palais est Pierre Haïk, qui représente à Paris les intérêts de Laurent Gbagbo. Le président ivoirien a aussi dans sa galaxie personnelle des robes noires : Me Sylvain Maier, un vieux compagnon de route qui participait à la rédaction des programmes du Front populaire ivoirien (FPI) pendant les années d’opposition. Plus ponctuellement, se rendent à Abidjan Jacques Vergès, qui a commis un livre sur les exactions des rebelles contre les gendarmes dans le Nord du pays et Roland Dumas qui a tenté – en vain – de plaider la cause de Gbagbo à l’Elysée, sous Jacques Chirac.

Sans oublier l’avocat qui fait trembler les présidences africaines et réconforte les opposants : William Bourdon.

LES “AFRICAINS” DES CABINETS D’AFF AIRES.

Au sein des cabinets d’aff aires parisiens, on trouve de “vrais” Africains comme le Camerounais Joseph Pagop Noupoué, directeur du département de droit et fi scalité africaine d’Ernst & Young, et Mahamadou Sako chez Deloitte.

Mais aussi des “messieurs Afrique” tels que Stéphane Brabant chez Herbert Smith qui travaille énormément pour Karim Wade, “dauphin” du président sénégalais, après avoir oeuvré pour Samuel Dossou, le conseiller pétrolier du président Bongo ; Thierry Lauriol chez Jeantet&Associés, très branché Cameroun et Congo-Brazza, en particulier auprès de la Société nationale des pétroles du Congo (SNPC). Auprès des dirigeants de la SNPC, Lauriol est en compétition avec Jean-Pierre Vignaud de Cleary Gottlieb. Après être passé chez Coudert Frères, Jean-Claude Pétillon est le spécialiste du continent au sein de Dewey & Leboeuf. Enfin, les grands groupes font souvent appel au cabinet Fénéon & Delabrière (spécialiste des litiges entre associés) ainsi qu’au cabinet Francis Lefebvre.

PETIT TROMBINOSCOPE DES “AFRICAINS” QUI COMPTENT À PARIS :

JACQUES BAUDOUIN : est depuis des années l’ombre de Bernard Kouchner. Vice-président de l’Institut Choiseul, ce chercheur est le biographe du French Doctor, patron du Quai d’Orsay ainsi que son conseiller en communication.

WILLIAM BOURDON : Secrétaire général de la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH), William Bourdon, qui a créé l’association Sherpa, est la terreur des “émirs” africains du golfe de Guinée. Ce co-président de la Société des lecteurs de Libération est non seulement l’avocat de tous les militants africains des droits de l’homme. Mais il a aussi été l’initiateur de la plainte dévastatrice (en termes d’image) contre plusieurs dirigeants africains – Omar Bongo, Denis Sassou Nguesso, Teodoro Obiang et Blaise Compaoré – pour “recel de détournement de biens publics et complicité” concernant leurs biens immobiliers en France.

ROBERT BOURGI :
Fils de Mahmoud Bourgi, qui était déjà l’un des “honorables correspondants” de Jacques Foccart, le M. Afrique du général De Gaulle dans les années 60, Robert Bourgi a grandi dans les réseaux gaullistes du village francoafricain, à Dakar puis à Abidjan. Très proche du président Omar Bongo, il demeure encore aujourd’hui le missi dominici entre le président Nicolas Sarkozy et une poignée de chefs d’Etat africains. Il n’est donc pas surprenant que les héritiers du pouvoir soient venus fêter, le 27 septembre, la remise des insignes de la Légion d’honneur à l’avocat par Sarkozy. Au premier rang : Pascaline Bongo, Karim Wade, Claudia Sassou Nguesso, etc. Dans le cabinet Bourgi, “la femme de l’ombre” pour traiter les dossiers est son épouse Catherine, qui était auparavant au cabinet de Michel Aurillac, ex-ministre de la coopération.

BRUNO CLÉMENT-BOLLÉE :
Ancien de Coëtquidan, âgé de 53 ans, le chef de l’opération Licorne en Côte d’Ivoire depuis l’été a beaucoup servi en Afrique, y compris lors d’opérations au Tchad et en Centrafrique. Le général Bruno Clément- Bollée a ensuite commandé un régiment à Djibouti (1997-1999) avant de prendre, en 2005 et pour deux ans, le commandement à La Réunion des forces françaises dans la zone Sud de l’océan Indien (Fazsoi). A cette époque, il en avait profi té pour eff ectuer de nombreux voyages à Madagascar, y compris pour des visites privées, afi n d’y retrouver une partie de son histoire familiale. En eff et, son grand-père a dirigé l’entreprise Laroche Fontaine à Antananarivo en 1956.

ERIC DANON : qui s’était mis en disponibilité du ministère des affaires étrangères en 2001 pour gérer des bureaux d’étude privés, a repris du service cet été au poste très prisé d’ambassadeur à Monaco. Ancien conseiller technique du ministre socialiste des affaires étrangères Roland Dumas en 1988 et éphémère directeur de cabinet du ministre délégué à la coopération, Charles Josselin, Danon est très proche de l’actuel ministre Bernard Kouchner. Les deux hommes ont travaillé ensemble sur des projets de santé publique au Congo et au Gabon via la société International Medical Alliance. Par ailleurs, la société Africa Steps, dirigée par Danon, est le maître d’ouvrage du projet de pont entre les deux Congo, si cher au président Denis Sassou Nguesso.

JEAN DE GLINIASTY :
Ex-ambassadeur de France à Dakar, Jean de Gliniasty a été nommé directeur Afrique et de l’océan Indien en septembre 2006. Pur produit du Quai d’Orsay, ce diplomate s’est – un peu – lâché devant les adhérents du Conseil français des investisseurs en Afrique (CIAN), le 17 octobre, en reconnaissant que la réforme de la coopération avait surtout était un moyen de réduire les coûts de l’assistance technique française et qu’il n’y avait plus d’argent dans les caisses au moment où l’Afrique redevient un enjeu géostratégique.

NATHALIE DELAPALME : à Paris, au coeur des dossiers africains depuis plus d’une décennie. Initialement son port d’attache était la commission des finances du Sénat. Elle a beaucoup appris aux côtés du roublard (et bien informé) sénateur (chiraco-socialiste) Michel Charasse. Après avoir appartenu de 1995 à 1997 au cabinet de Jacques Godfrain, Nathalie Delapalme a ensuite “survécu” à plusieurs ministres de la coopération (Xavier Darcos, Pierre-André Wiltzer, Brigitte Girardin, etc.) comme conseillère Afrique de trois patrons du Quai d’Orsay : Dominique de Villepin, Michel Barnier et Philippe Douste-Blazy. Le ministre “socialiste” Bernard Kouchner l’aurait bien gardée à ses côtés mais l’équipe africaine de l’Elysée n’avait pas envie de se faire doubler par cette “magicienne”, trop branchée en direct à son goût dans les présidences africaines. Nommée avant l’été inspectrice générale des finances, Nathalie Delapalme a retrouvé un poste aussi discret que stratégique : le pilotage de l’action extérieure de l’Etat et de l’aide au développement dans le cadre de la Révision générale des politiques publiques.

PASCAL DROUHAUD : est aujourd’hui chez Alstom le directeur adjoint Amérique, Espagne & Portugal, loin de ses réseaux africains tant aimés. Originaire du Sud-Ouest de la France, tout comme l’ex-premier ministre Alain Juppé dont il est proche, Pascal Drouhaud a été de 2002 à 2006 directeur des relations internationales de l’UMP. Rue La Boétie, au siège du parti, il avait vu arriver, non sans angoisse, les équipes de Nicolas Sarkozy. A juste titre : David Martinon, alors le conseiller diplomatique du “candidat Sarkozy”, a vite fait de le débarquer. Drouhaud a ensuite été récupéré par le très chiraquien ministre de la fonction publique, Christian Jacob, comme chargé des relations avec les fonctions publiques de l’espace francophone. Bref, un fil conservé dans les réseaux africains. Bon connaisseur de l’Amérique latine, Pascal Drouhaud avait été chargé au début des années 90 des affaires culturelles à l’ambassade de France au Salvador, il a dû, pour le moment, reprendre ses marques chez Alstom sur l’autre continent émergent.

FRANÇOIS GAUTIER :
le chef de cabinet du secrétaire d’Etat à la coopération, Jean-Marie Bockel, a aussi travaillé avec Joubert lorsque ce dernier était directeur de la stratégie à la DGSE (1997-2002). Puis il l’a fait entrer à la sous-direction Afrique centrale et orientale avant d’en faire le “monsieur Afrique” du Centre d’analyse et de prévision (CAP) du Quai d’Orsay. `

BRIGITTE GIRARDIN : l’ancienne ministre de l’outre-mer (2002-2005), qui fut ensuite ministre déléguée à la coopération, est aujourd’hui sur le carreau. Payant sa fidélité à Jacques Chirac, elle n’a nullement été nommée au Conseil d’Etat au tour extérieur comme l’idée en avait été avancée un temps. Mme Girardin a été réaffectée à son corps d’origine, le ministère des aff aires étrangères, et attend le prochain remaniement du gouvernement Fillon, qu’on lui propose un nouveau poste.

BRUNO JOUBERT : C’est avec le soutien de son prédécesseur à ce poste, Michel de Bonnecorse, que Bruno Joubert a décroché la fonction de conseiller diplomatique adjoint du chef de l’Etat en charge de l’Afrique. Placé sous l’autorité du conseiller diplomatique de Sarkozy, Jean- David Levitte et du secrétaire général de la présidence Claude Guéant, Joubert n’a pas l’autonomie de son prédécesseur. Il a cependant réussi à placer quelques proches à d’autres fonctions au sein du gouvernement. Ainsi Charlotte Montel, qui travaillait sous ses ordres à la direction Afrique du Quai d’Orsay, est en charge des dossiers africains auprès du ministre des affaires étrangères Bernard Kouchner.

MICHEL ROUSSIN : Ancien directeur de cabinet de Jacques Chirac à la mairie de Paris et ex-ministre de la coopération d’Edouard Balladur, cet ancien directeur de la DGSE a été l’une des “victimes” du schisme entre chiraquiens et balladuriens en 1995. Passé dans le secteur privé en 1999, Michel Roussin est devenu dans la foulée le “monsieur Afrique” de Vincent Bolloré et le président du comité Afrique du Medef. Aujourd’hui vice-président de Bolloré, du Medef international et du Conseil français des investisseurs en Afrique, ce passionné du Maroc, sa terre natale, a pris le virage “médias” de Bolloré. Entre deux voyages sur le continent pour assurer les relations politiques avec les chefs d’Etat (que Vincent Bolloré évite soigneusement), Roussin anime des émissions de Direct 8, la chaîne TNT du groupe.

JEAN-CHRISTOPHE RUFIN est un ambassadeur au Sénégal très atypique. Prix Goncourt en 2001 pour son roman Rouge Brésil, il a travaillé pour Médecins sans frontières avant de présider Action contre la faim. Après être intervenu en Ethiopie lors de la famine de 1985, il a épousé une Ethiopienne avec laquelle il a eu deux filles. De ses voyages en Ethiopie, Rufin a tiré L’Abyssin, un roman traitant des premiers contacts de l’Abyssinie avec les Européens. Mais il s’est aussi frotté à la politique en étant conseiller du ministre de la défense François Léotard (1993-1995). Sa nomination à Dakar n’est pas pour déplaire au président Wade. Tous deux étaient plutôt favorables à François Bayrou lors de la dernière présidentielle en France.

PATRICK STEFANINI homme de réseaux, est devenu le conseiller spécial et l’éminence grise de Brice Hortefeux au si “sensible” ministère de l’immigration, de l’intégration, de l’identité nationale et du co-développement. Proche d’Alain Juppé – il a été son directeur de cabinet de 1991 à 1995 au secrétariat général du Rassemblement pour la République (RPR) -, Patrick Stefanini a été le directeur de la campagne présidentielle en 1995 et le directeur adjoint de la campagne de 2002. Au contact des chefs d’Etat africains, il ne rate jamais “les fêtes d’indépendance” dans les ambassades africaines à Paris. Début 2008, il devrait prendre la tête de la nouvelle administration centrale qui fusionnera la direction des Français de l’étranger avec celle des étrangers en France.

VALÉRIE TERRANOVA
avait rêvé de devenir secrétaire d’Etat à la francophonie de Jacques Chirac, son mentor. Mais cette polyglotte, formée à l’Institut national des langues et civilisations orientales et spécialiste du Japon – elle a été commissaire générale de l’année de la France au Japon de 1996 à 1999 – a toujours été cantonnée dans des postes de chargée de mission. D’abord auprès de Didier Bariani, secrétaire d’Etat aux affaires étrangères et maire du XXe arrondissement (1987-1989), puis auprès du directeur général des relations internationales de la ville de Paris (1989-1993) et enfin à la présidence de la République. C’est au final surtout en tant que secrétaire générale adjointe, chargée des relations internationales du RPR, que Valérie Terranova a pas mal voyagé en Afrique avec son ami Pascal Drouhaud. A l’Elysée, Jacques Chirac lui avait par ailleurs confié la délicate mission de trouver une Maison de la francophonie pour rassembler toutes les instances de la francophonie de Paris. Aujourd’hui, Valérie Terranova est la secrétaire de la Fondation pour l’avenir du monde de Jacques Chirac. Elle suit toujours les dossiers “japonais” de l’ex-président.

PIERRE-ANDRÉ WILTZER (”PAW“), ministre délégué à la coopération et à la francophonie dans le gouvernement Raffarin (juin 2002-mars 2004), préside actuellement l’Agence française de développement (AFD). Il partage son temps entre l’AFD et le Conseil d’Etat où il a été réintégré en 2004. Ancien conseiller de Raymond Barre, Pierre-André Wiltzer n’a pas vécu sa position de ministre de la coopération comme une sinécure. Il a eu le malheur d’être à ce poste sous la tutelle du “grand africain” Dominique de Villepin ! C’est dire si l’espace vital de PAW était réduit. En 2004, alors qu’il avait reçu l’assurance de Jacques Chirac qu’il serait reconduit, Pierre-André Wiltzer a été sévèrement débarqué, au profit de Xavier Darcos, un protégé d’Alain Juppé. Et impossible de retourner dans son fief politique de l’Essonne : il avait dû laisser sa place de député à Nathalie Geneviève Marie Kosciusko-Morizet, sa suppléante lors des législatives de juin 2002. En 2004, il a été vivement invité à ne pas se présenter contre Serge Dassault au poste de sénateur. En compensation, Pierre-André Wiltzer a alors été nommé ambassadeur en mission, haut représentant pour la sécurité et la prévention des conflits.

JOSEPH ZIMET: un socialiste proche de Dominique Strauss-Kahn, n’est pas seulement le conseiller pour l’aide publique au développement du secrétaire d’Etat Jean-Marie Bockel. Il est aussi l’époux de Rama Yade, la secrétaire d’Etat aux droits de l’homme. Ancien responsable des relations avec les ONG à l’Agence française de développement (AFD) et enseignant à Science Po Paris, il est le fils d’un célèbre conteur et chanteur yiddish, Ben Zimet, qui a longtemps vécu en France avant de s’établir à Dakar.

Trouvé, et repris tel quel pour l’avoir.

Je copie colle au cas où le blog fermerait.

C’est un billet d’opinion, le ressenti d’une personne.

Mon champion du monde : Hakim El Karoui

Par France Quiqueré, dimanche 20 février 2005 à 00:02 ::

Il est de ces personnalités, croisées au travers d’une vie, qui nous font dire que l’on a pas vécu pour rien…

Seulement voilà, Hakim El Karoui ne fait pas parti de ces gens là. Et c’est un beau matin de janvier 2001 que j’ai fait la connaissance de ce personnage abject.

Un homme guindé, pas tout à fait la trentaine, oeil perçant, costume ridicule. Diable que lui était-il arrivé pour se retrouver professeur de statistique en première année de géographie à Bron ?

Dès la première phrase, une extrême froideur s’installe. « Bonjour, je m’appelle Mr El karoui, et je suis normalien ».

Ceux qui étaient là avec moi dans ces moments de soufrance, savent à quel point cette phrase étaient lourde de sens. ça s’annonçait mal pour nous à vrai dire… Un genre de guerre ouverte entre une petite promo de 40 personnes et un mecton ambitieux muni de tous les scandaleux pouvoirs que l’université délègue à leurs employés.

Galériens ! Votre sort est entre mes mains, et croyez moi, ça va râcler dans le fond du bateau, et ça cabrera de la proue, putain !

Jean-Pierre, Nicolas et Hakim sont un bâteau.. et ils n’y partiront pas de si tôt !

Oh oui j’ai détesté cet homme. Ce qui m’a déplu ? J’hésite entre son sadisme ardent, son extrême tranquillité dans ces exactions ou sa verve de technocrate mal embouché.

Mais ce qui vous touche le plus bien évidemment, ce sont les vacheries gratuites que l’on vous inflige. En voici un exemple.

Nous avions eu des notes lamentables à un devoir (forcément). L’homme dont nous parlons avait eu la suspecte idée de nous proposer un devoir à rendre pour rattraper nos notes.

Le jour où l’on devait rendre ce devoir arriva, et El karoui observa calmement la classe. Dans nos regards et attitudes, il tentait de déceler qui n’avait pas fait ces fichus exercices, et ma foi, excellait dans ce domaine.

« Toi ! tu as fait ton devoir ? OK ! zéro ! » Certains pourtant outrepassaient ses dons de clairvoyance en faisant l’affront de rendre la copie. Il fallait alors se lever, aller à l’autre bout de la classe, et poser la feuille sur son bureau.

L’heure avançait, et son regard se pose sur moi. « Et toi France tu as fait ton devoir ? » Un sourire satisfait trahit par une soudaine bouffée d’Endorphine me précipite sur mon dossier. Je lâche un petit « oui », et me dirige sûrement vers lui.

Arrivée devant lui, il ne m’adresse ni mot, ni regard. Je pose ma feuille, me retourne, et j’entends la phrase qui suit : « Mais je ne vous ai pas demandé de l’apporter, reprenez votre feuille ».

Figée, incapable de comprendre ce qui m’arrivait, j’exécutais et retournais à ma place. J’apprenais par la suite, qu’avec 8/20 au devoir précédent, je n’étais pas prioritaire pour rendre le devoir. Charmante excuse, excepté que l’on n’a pas son année avec un 8/20.

Mais on ne pas plaire à tout le monde n’est-ce pas…

Quelques année plus tard, je désenfouissais ce souvenir pour prendre conscience d’une chose : Cet homme ne peut que faire carrière, et pourquoi pas même dans la politique.

Google est vraiment un ami formidable, et je découvrais rapidement qu’après l’affreux semestre passé à nos côtés, il s’était réfugié dans les jupes de Matignon, auprès d’une autre personnalité dont je ne connais que ce qu’on nous montre, mais qui orne fièrement nos fond d’écran à l’IUT (au second degré je vous rassure..)

Jean-Pierre Raffarin.

Saperlipopette, il a fait vite le gazier ! « La plume de Jean-Pierre Raffarin ». Quelle fabuleuse promotion. Je n’écoute d’ailleurs plus ses discours de la même façon.

Aujourd’hui, dans Le Monde du 19 février, un article lui est consacré. On y apprend rien d’intéressant, mais c’est tout à fait normal. L’heure est venu pour lui de se faire connaître.

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3226,36-398801,0.html

Je vous invite à le survoler et à retenir ce nom. Cet homme a maintenant 33 ans, et dans 10 ans, vous le verrez faire la pute à l’élysée. Certes, il n’est pas pire que les autres. Moins agressif que notre Sarko, moins con que Jean-Pierre. Mais c’est bien ça le plus grave. Ce sont eux qui nous gouvernent.

Quand à ses qualités pédagogiques, j’espère que vous avez pu les apprécier. Manifestement ce professeur nous méprisait avant même de nous connaitre.

Ah ça oui, on fait pas Normale quand on est en première année de géographie. On est la populace, le peuple à gouverner d’une main ferme. Mais quelque part aussi, un champ d’expérimention pour s’exercer à l’intimidation, et à l’autorité.

Membre du Club XXIème siècle.

Fondatrice du cabinet Diversity Source Manager

Club Averroes

Regroupe 300 professionnels des médias et du spectacle pour lutter contrela ségrégation raciale et sociale dans les médias français.

Fondé en 1997

Franco tunisien, né en 1971 en France, banquier et essayiste? selon Wikipedia.

Oncle vice-président du Rassemblement Constitutionnel démocratique, parti au pouvoir en Tunisie, donc oncle proche du pouvoir tunisien. Très proche.

Ancien élève de l’École normale supérieure de Fontenay-Saint-Cloud, titulaire d’un DEA de géopolitique sur la Palestine, et agrégé de géographie.

Bonne famille, bonnes études.

1993 : en Tunisie, professeur de géopolitique à l’Université de Tunis

Puis part en Égypte pour y apprendre l’arabe et enseigner le français au Collège jésuite du Caire dans le cadre d’une coopération

projet de société de conseil Médiation au Caire destiné à former les expatriés occidentaux aux réalités culturelles et économiques égyptiennes.

De retour en France, il devient allocataire-moniteur à l’Université de Lyon II de 2000 à 2002 et prépare une thèse sur la « politique des frontières de l’Union européenne » sous la direction de Michel Foucher.

Conseiller technique du premier ministre français Jean-Pierre Raffarin  chargé de ses discours.

Conseiller technique chargé des « études et prospectives » du ministre des finances Thierry Breton.

Directeur adjoint à la Banque Rothschild.

Il a créé le Club XXIe Siècle qu’il préside et qui reçoit de grandes personnalités françaises pour les sensibiliser à la problématique de la diversité. Il est maître de conférences à l’Institut d’études politiques de Paris et membre du conseil scientifique de la Cité nationale de l’histoire de l’immigration.

Il a soutenu Ségolène Royal au deuxième tour de l’élection présidentielle de 2007 dans une tribune publiée par Le Monde (« Chiraquien mais pas sarkozyste ! »). Copié et republié ici par sécurité.

Pas assez d’info pour me faire une idée, mais je le classe  dans le sérail, avec double culture, et tous ceux que j’ai connu dans ce cas de figure était abominablement vaniteux.

Chiraquien mais pas sarkozyste ! par Hakim El Karoui

J’étais chiraquien tendance « France d’en bas » et j’ai travaillé dans plusieurs gouvernements entre 2002 et 2006. J’étais fier d’appartenir à une équipe menée par Jacques Chirac, président humaniste dont les mandats ont été marqués par plusieurs décisions majeures : la reconnaissance de la culpabilité de la France dans les crimes de Vichy, l’opposition à la guerre en Irak, un regard non occidentalo-centré sur les affaires du monde, l’engagement contre les discriminations, la réforme des retraites.

Au-delà des contingences politiques, les actes de Jacques Chirac ont été guidés par une idée forte : l’égalité entre les hommes dont son grand oeuvre, le Musée du quai Branly, est l’emblème. « Il n’existe pas plus de hiérarchie entre les arts qu’il n’existe de hiérarchie entre les peuples » (20 juin 2006, discours d’inauguration du Quai Branly). Aucune culture, aucun homme n’est supérieur aux autres. Qu’il soit français ou immigré, catholique, juif ou musulman.

Nicolas Sarkozy a choisi une autre voie. Je ne la partage pas. Il a le mérite de proposer un choix clair, un programme cohérent, résolument « de droite » fondé sur une idée : celle de l’inégalité parmi les hommes. Ce conflit entre égalité et inégalité est, je crois, structurant. Les uns croient en l’inégalité, en l’inné plus qu’en l’acquis, en l’ordre établi, en la discrimination positive, en l’immanence d’une nation qui est une tradition à laquelle il faut se soumettre, ils portent haut et fort les valeurs de l’Occident et refusent les droits de succession « égalitaristes ». Les autres se retrouvent autour de l’idée d’égalité des hommes et des cultures, croient en la capacité de réinvention continue de la nation que l’immigration enrichit plutôt qu’elle ne menace et admettent que le contexte familial, social et culturel a une part majeure dans l’évolution des individus.

Le conflit entre Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy était donc bien plus qu’un conflit de filiation, une opposition entre César et Brutus. C’était le conflit entre deux idées de l’homme. Et aussi, plus accessoirement, entre deux analyses de la société. Là où Jacques Chirac voulait d’abord assurer la cohésion, la cohérence, le rassemblement, Nicolas Sarkozy crée du conflit, oppose les uns aux autres (ceux qui se lèvent tôt à ceux qui se lèvent tard, les Français aux immigrés, les fonctionnaires aux salariés du privé…), croit toujours que l’on n’en fait pas assez.

Il est vrai qu’il ne semble jamais rassasié d’actions… et de provocations. Se poser en victime du « front des haines » après la campagne qu’il vient de faire, c’est quand même culotté !

Côté socialiste, que s’est-il passé ? Le même conflit – atténué – entre égalité et inégalité que les héritiers de la « deuxième gauche » ont voulu justifier avec l’idée empruntée à John Rawls (1921-2002) selon laquelle l’inégalité est justifiée dès lors qu’elle profite à tous. C’était un peu le débat entre Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn que Ségolène Royal a posé différemment en emportant tout sur son passage.

Et c’est à elle aujourd’hui que revient la responsabilité de moderniser le logiciel socialiste et de choisir entre égalité et inégalité. Son engagement politique issu du féminisme, sa vision d’une « République métissée », sa capacité à interroger le consensus libre-échangiste laissent penser qu’elle orientera le Parti socialiste vers le choix de l’égalité.

Dès lors, la question se pose : peut-on, quand on a apprécié la politique de Jacques Chirac et partagé cette idée d’égalité, peut-on voter pour celui qui porte l’idée opposée ? La réponse me semble claire. C’est non.

Ségolène Royal peut-elle être à sa manière porteuse de cette idée de l’homme qui est à mes yeux plus importante que tout ? La réponse n’est pas certaine, mais j’en fais le pari. Je voterai Ségolène Royal.

Hakim El Karoui est ancien conseiller à Bercy et à Matignon.

Source : Le Monde

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